samedi 15 mars 2008
Lost in 8:15
mardi 11 mars 2008
Un p'tit café
mardi 4 mars 2008
The American Dream

Voilà ce qui va se passer : vous allez crier « au secours ! », vous allez prendre votre mine la plus outragée, vous allez afficher un dédain digne de votre capacité intellectuelle…mais vous aller regarder. Et malheureusement vous allez aimer. Parce que ce qu’on y raconte n’est pas le rêve exclusif des yankees, c’est le rêve tout court…
La vie quotidienne et les problèmes d’une insultante et paradisiaque frivolité de la jeunesse dorée de Manhattan. Comment assister à un breakfast à l’hotel Ritz (propriété du père d’un de tes amis) après avoir passé une soirée à dépenser un maximum dans la boite de nuit branchée de la ville. Des bals à répétitions, une infinité d’occasions (plus extravagantes les unes que les autres) d’organiser des réceptions, accueil, intronisations, gala, cérémonie et autres agapè pseudo lascifs en tout genre… Tout ça vu à travers les yeux d'une mystérieuse "bloggeuse", Gossip Girl (« commère » en français, ce qui montre déjà la différence entre nos deux pays…comment appeler une série « commère » ?), qui, en fait, ne fait que donner son nom, et peut être un aire d’innovation technologique, à la série.
Car c’est quand même LA formule qui marche : dans cette jeunesse, que des belles jeunes filles et de beaux jeunes hommes qui ont, comme on l’a dit, de vrais problèmes de gosses de multimillionnaire ! Et parmi eux Serena van der Woodsen (Blake Lively), fétarde réformée qui se rend compte un jour (Oh my God, what a surprise !) de la superficialité de son milieu et cherche désespérément la personne qui pourra la comprendre. Le chanceux c’est Dan Humphrey (Penn Badgley), une graine d’intellectuel, sensible et réfléchi (un homme qui pense quoi !), fils d’une famille moins riche dont le père est un ex-musicien qui est rentré dans le monde de l’art. On voit le genre : un mélange de Cendrillon, la Belle et la Bête et Breakfast at Tiffany’s.
Les luttes du grand amour dans un monde de luxe, argent et superficialité. Que des problèmes et des embûches pour que la sincérité et la simplicité s’imposent. Le tout pimenté avec des personnages cyniques et dépravés (les « amis », Chuck Bass et Blair Waldorf) ; de gentils adolescents (on peut le croire…) qui ont mal tournés à cause du nihilisme et de la corruption qui naît de l’argent et, surtout, de l’excès de celui-ci.
Vous ajoutez à tout cela des relations familiales qui frôlent l’endogamie et l’inceste (rappelons que le créateurs, Josh Schwartz, est le même que celui de Newport Beach, THE série où les générations se confondent et l’idée de famille prend un coup, c’est le moins qu’on puisse dire…) et le tour est joué.
Et quoi qu’on en dise, c’est triste mais ça fonctionne. Car les histoires, en général, nous montrant
les malheurs des personnages pour relativiser les nôtres. Ici le phénomène est ambigu : on aimerait quand même bien, à la limite, avoir les mêmes problèmes que ces personnages. Identification-Repulsion. De toute façon on s’amuse. Rien que ça, pas plus. Mais c’est déjà beaucoup.
lundi 25 février 2008
And The Oscar Goes to...

D’autant plus remarquable si on se souvient (c’est toujours un exercice drôle à faire avec les « oscarisés ») que Swinton est l’égérie de Derek Jarman et qu’elle à fait (à ses débuts, à ses bons débuts, dira-t-on…) des films plutôt conceptuels comme Wittgenstein, Caravaggio ou Edward II. Il en va un peu de même avec Bardem qui a un passé « obscur » avec Bigas Luna (La Teta y la Luna ou Macho) qui ne serait sûrement pas dans le goût du jury. Mais bon, mis à part ses collaborations avec Pedro Almodovar (qui est incompréhensiblement encensé pour tout ce qu’il fait), il faut admettre qu’il mérite la statue pour des films comme Mar Adentro, Los Lunes al Sol, Before Night Falls et No Country For Old Men.
En ce qui concerne Marion Cotillard on peut lui donner ce qu’on veut, elle est toujours juste. Même en Edith Piaf… Mais il faudrait quand même qu’elle calme sa comédie hystérique de petite provinciale éblouie qui découvre la grande ville. Elle en serait que plus magnifique.
Pour No Country…j’ai de gros doutes. C’est un bon film (de loin, pas de meilleur des Coen) mais qui se dégonfle au fur et à mesure que le film avance et que les personnages (sauf peut-être Bardem) se désintègrent. Une bonne aventure psychologique, dans un superbe décor, devient une création pseudo-lyrique avec des relents moralisateurs. J’attends de voir There Will be Blood, mais j’ai des doutes…
Une dernière question avant la liste complète : pourquoi l’oscar au meilleur second rôle à Bardem ? Quel est le rôle principal de No Country for old men, sinon lui ?
Meilleur film : No Country for Old Men
Meilleur acteur : Daniel Day-Lewis, dans There Will Be Blood
Meilleure actrice : Marion Cotillard, dans La Môme
Meilleur acteur dans un second rôle : Javier Bardem, dans No Country for Old Men
Meilleur actrice dans un second rôle : Tilda Swinton, dans Michael Clayton
Meilleur réalisateur : Joel Coen et Ethan Coen, pour No Country for Old Men
Meilleur film en langue étrangère : Les Faussaires (Autriche)
Meilleure adaptation : Joel Coen et Ethan Coen, pour No Country for Old Men
Meilleur scénario original : Diablo Cody, pour Juno
Meilleur film d'animation : Ratatouille
Meilleurs décors : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street
Meilleure photographie : There Will Be Blood
Meilleur mixage son : La Vengeance dans la peau
Meilleur montage son : La Vengeance dans la peau
Meilleure bande originale : Dario Marianelli, pour Reviens-moi
vendredi 15 février 2008
Fin de la grève : le retour des séries
Après plus de trois mois de grève, les scénaristes américains et les chaînes de télévision ont trouvé un accord qui doit permettre de reprendre l’enregistrement de plusieurs épisodes des séries phares qui viennent d’outre atlantique. L’ampleur de la protestation commençait à inquiéter même les plus compréhensifs des fans et menaçait de devenir un véritable casse-tête pour les spectateurs qui n’arrivaient plus à suivre les aventures de leurs héros. Il n’est déjà pas habituel qu’une grève dure si longtemps et soit suivie avec une tel engouement aux Etats-Unis (la dernière remontait à 1988 et posa le problème des droits d’un nouveau support, la VHS) mais, de plus, les dégâts commençaient à être considérables : on estime à près de 2 milliards de dollars les pertes que le mouvement a provoqué, sans compter « l’annulation » (en fait une fausse cérémonie sans la présence des acteurs) des Golden Globes et le danger que couraient les Oscars cette année. Tout semble arrangé avec l’accord auquel sont parvenus le 12 février les producteurs et les scénaristes. Celui-ci prévoit une hausse des revenus de ces derniers de 3% par an mais surtout une augmentation des droits d’auteurs dérivés des contenus Internet et des nouveaux médias numériques, point central dans le déclenchement (et la solution) du conflit.Mais en plus des retards, des pertes économiques et de l’image chaotique donnée aux millions de spectateurs, la grève a mis à jour un phénomène nouveau et unique en ce qui concerne le monde audiovisuel : la dépendance de plus en plus importante des pays européens vis-à-vis des productions américaines. On connaissait l’hégémonie économique quasi absolue du cinéma US sur le marché, mais il semble évident que cette domination s’étend maintenant aux espaces de fictions télévisuelles. Il suffit pour cela de jeter un coup d’œil à la programmation standard des chaînes généralistes en France et en Espagne : « Les Expert » sur TF1 et Tele 5, « FBI, portés disparus » sur France 2 et Antena 3, « Ugly Betty » sur TF1 et Tele 5, « Lost » sur TF1 et TVE1, « Prison Break » sur M6 et La Sexta…
Mais malgré l’importance du mouvement, les grandes chaînes européennes (à l’exception de quelques chaînes anglaises comme BBC) ne devraient pas trop souffrir de cet arrêt. La raison ? Les épisodes qui sont diffusés actuellement en Europe correspondent à des saisons déjà enregistrées et sorties aux Etats-Unis. Ce décalage, qui a permis une réduction des conséquences dans le vieux continent, renvoie le problème au début de l’année 2009 pour des chaînes comme TF1, M6, Canal + (France et Espagne) ou Tele 5. Mais d’ici là, la fin des saisons, avec de nouveaux épisodes, devraient être enregistrées et donc le problème pourrait disparaître. Le prix à payer pour les producteurs européens ? Il faudrait abandonner le délai actuel, c'est-à-dire que les émissions s’émettraient avec moins de retard part rapport aux Etats-Unis que maintenant.
Mais c’est justement cette temporisation qui est au cœur de bons nombres de questions qui préoccupent les spectateurs aussi bien que les producteurs. En effet une des raisons du malaise des scénaristes étaient qu’ils avaient noté l’importance des nouvelles technologies dans la diffusion des séries actuelles. Que ce soit à travers Internet (en piratant ou en téléchargeant légalement), en DVD ou grâce aux chaînes du câble, une grande partie des nouveaux accros à ces feuilletons n’attendent pas le passage classique sur les chaînes de télévision pour se lancer à voir les nouvelles créations américaines. Une des raisons majeures est sans doute le temps que mettent les séries à arriver dans nos pays et la possibilité qu’ils ont de se procurer ces épisodes de manière quasi instantanée grâce aux nouveaux medias. Cela pourrait expliquer la surprenante importance médiatique qu’a eu la grève en Europe car concrètement, pour un spectateur « classique », rien n’a été bouleversé ces derniers mois et la grève n’a eu aucune retombée visible. C’est qu’en fait les nouveaux fans, les courants d’opinion, les résultats d’une série se mesurent maintenant en grande partie par les réactions qui inondent la toile. Ainsi une série comme Gossip Girl, qui n’a pas encore été diffusée sur des chaînes généralistes européennes et qui a eu des taux d’audiences discrets aux Etats-Unis, a été renouvelée pour la saison prochaine grâce à l’appui qu’elle a reçu sur Internet.
Les télévisions européennes ont aussi compris ce bouleversement des spectateurs et elles sentent peut-être que le mode de diffusion suivi ces dernières années semble intenable à moyen terme. C’est le sens d’une initiative comme TF1 vision, une page web de TF1, qui propose un service de diffusion en VOD (Video sur Demande) et qui a décidé d’émettre la saison 4 de Lost et la saison 2 de Heroes de manière quasi simultanée avec les Etats-Unis. Les épisodes sont ainsi disponibles 24 heures après leur première outre atlantique en téléchargement ou en streaming (visionnage seulement) et en version originale sous-titrée.
Une autre solution envisagée est une sortie en parallèle mais dans des chaînes spécialisées du câble ou de la TNT. Ainsi des séries comme Californication, How I meet your mother ou Men in Trees, qui rencontrent un vif succès aux Etats-Unis, sont déjà sur des chaînes de Digital Plus, comme Fox ou AXN. Même idée chez M6, en France, qui programme ses nouvelles séries (Kyle XY ou Damage) sur les chaînes TNT du groupe. Cela permet de passer les nouvelles créations américaines plus rapidement tout en analysant la réaction du public et la possibilité de l’ « exporter » à un public plus large. Quoi qu’il en soit, il se peut que la grève est mis à jour la vrai relation entre les systèmes audiovisuels américains et européens et, si des conclusions intelligentes sont tirées, il se peut qu’un problème se transforme en une chance de mieux s’adapter aux technologies de l’avenir. Espérons-le en tous cas. mardi 11 décembre 2007
Californication : Romantisme au bordel
Une série qui a fait scandale aux Etats-Unis, ne serait-ce qu’un petit peu, part déjà avec quelques longueurs d’avances sur ses concurrentes, surtout en Europe. Mais la vérité est qu’on est encore très loin de pouvoir faire des séries avec une telle liberté de ton et de scénario sur le vieux continent. Et c’est pas le commissaire Cordier, son collègue Moulin ou même le Grand Journal ou Kaamelott qui vont changer l’affaire.L’histoire est simple : Hank Moody (un très grand David Duchovny) est un romancier en panne d’inspiration qui a connu naguère un énorme succès avec un livre qui a été lamentablement adapté au cinéma. Séparé de la mère de sa fille, Karen, (Natascha McElhone) pour laquelle il a encore des sentiments, il est aussi accro aux femmes et aux drogues et ne peut s'empêcher de dire la vérité, souvent de manière drôle et crue.
On ne va pas tarder à crier au cliché et on n’aura pas tort. L’écrivain devant la page blanche, séducteur parce que désespéré, cynique et nihiliste. Tout ça serait bien plat si les scénaristes ne réussissaient pas à nous faire entrer dans les phantasmes et les contradictions du héros. Or ils y arrivent et il y en beaucoup, et de très drôle. Tout ça sans compter la très grande performance de Duchovny qui est passé de chercher des extraterrestres à en paraître un. D’accord ça ne rendra meilleur personne et ça ne donne pas beaucoup à réfléchir, mais c’est assez tordant et la façon dont Hank se retrouve dans des situations embarrassantes et, surtout, comment il les gère est bien réussi. De grandes répliques, des vrais problèmes de je m’en foutiste et une panoplie de personnages assez justes (la fille de Hank, Becca, adolescentes rebelles et punk qui passe son temps à donner la réplique ou des conseils à son père; ou Marcy, la femme de Charlie, le meilleur ami et éditeur de Hank, qui voit tout ça avec un peu de distance).
Que les plus pudibonds ne s’inquiètent pas ; ça commence avec beaucoup de seins et de baise mais une fois que le public est con-quis (car c’est le but), ça se calme énormément. De fait, sous la couche de sueur, poils et autres fluides corporels (et il y en une bonne collection) la première saison est en fait une inoffensive dose de moralité et de mièvrerie que l’on consomme inconsciemment. Car le but final pour Hank reste quand même de récuperer la femme qu’il aime encore. Heureusement pour cela il va faire beaucoup de conneries et rencontrer beaucoup de gens, mais bon, c’est un peu le l'objectif non ?
-Ceux qui aiment les grandes histoires d’amour (pas conventionnelles il faut le préciser)
-Ceux qui aiment la sonorité et l’infinie variété des gros mots en anglais. C’est tout un art
samedi 8 décembre 2007
Studio 60 on the Sunset Street : l’autre côté de la télé

Studio 60 on The Sunset Strip est une émission de divertissement très populaire Outre-Atlantique qui décide de se renouveler, après un scandale on-line avec l’ancien présentateur, en recrutant Matt Albie (Matthew Perry) et Danny Tripp (Bradley Whitford), deux talentueux scénaristes qui devraient apporter une certaine fraîcheur au show. Pour les aider dans leur tache, et défendre une télévision de qualité, Jordan Mc Deere (Amanda Peet) est nommée directrice de la chaîne (NBS). L’histoire n’est pas magnifique mais on y croit. Les acteurs sont presque tous excellents et une ambiance qui pourrait vite devenir lassante permet de voir les coulisses du petit écran et, surtout, l’amour qu’ont les américains pour le spectacle. On n’est pas là dans le superflu et le divertissement mais dans l’image d’un pays qui se joue dans la qualité de ses programmes.
Rien n’est épargné : les ultra-catholiques, la téléréalité, la presse qui cherche à fouiner dans le passé des présentateurs…et tout cela avec des guest-stars de haut niveau (dont Sting chantant un très beau morceau au luth).
Le réalisateur, Aaron Sorkin, est le même qui a fait la très populaire A la maison Blanche et Perry se débarrasse enfin de son étiquette de ex-Friends et des navets qu’il a fait au cinéma. On aurait souhaité que ça dure un peu plus longtemps mais son charme est peut-être aussi celui du produit limité. Quelques séries devraient peut-être en faire de même.
Pour :
-Ceux qui veulent connaître les illusions sur lesquelles vit l’Amérique
-Ceux qui aimaient Matthew Perry (même ceux qui l’aimaient pas)
Contre :

