
Voilà ce qui va se passer : vous allez crier « au secours ! », vous allez prendre votre mine la plus outragée, vous allez afficher un dédain digne de votre capacité intellectuelle…mais vous aller regarder. Et malheureusement vous allez aimer. Parce que ce qu’on y raconte n’est pas le rêve exclusif des yankees, c’est le rêve tout court…
La vie quotidienne et les problèmes d’une insultante et paradisiaque frivolité de la jeunesse dorée de Manhattan. Comment assister à un breakfast à l’hotel Ritz (propriété du père d’un de tes amis) après avoir passé une soirée à dépenser un maximum dans la boite de nuit branchée de la ville. Des bals à répétitions, une infinité d’occasions (plus extravagantes les unes que les autres) d’organiser des réceptions, accueil, intronisations, gala, cérémonie et autres agapè pseudo lascifs en tout genre… Tout ça vu à travers les yeux d'une mystérieuse "bloggeuse",
Gossip Girl (« commère » en français, ce qui montre déjà la différence entre nos deux pays…comment appeler une série « commère » ?), qui, en fait, ne fait que donner son nom, et peut être un aire d’innovation technologique, à la série.
Car c’est quand même LA formule qui marche : dans cette jeunesse, que des belles jeunes filles et de beaux jeunes hommes qui ont, comme on l’a dit, de vrais problèmes de gosses de multimillionnaire ! Et parmi eux Serena van der Woodsen (Blake Lively), fétarde réformée qui se rend compte un jour (
Oh my God, what a surprise !) de la superficialité de son milieu et cherche désespérément la personne qui pourra la comprendre. Le chanceux c’est Dan Humphrey (Penn Badgley), une graine d’intellectuel, sensible et réfléchi (un homme qui pense quoi !), fils d’une famille moins riche dont le père est un ex-musicien qui est rentré dans le monde de l’art. On voit le genre : un mélange de
Cendrillon, la Belle et la Bête et
Breakfast at Tiffany’s.
Les luttes du grand amour dans un monde de luxe, argent et superficialité. Que des problèmes et des embûches pour que la sincérité et la simplicité s’imposent. Le tout pimenté avec des personnages cyniques et dépravés (les « amis », Chuck Bass et Blair Waldorf) ; de gentils adolescents (on peut le croire…) qui ont mal tournés à cause du nihilisme et de la corruption qui naît de l’argent et, surtout, de l’excès de celui-ci.
Vous ajoutez à tout cela des relations familiales qui frôlent l’endogamie et l’inceste (rappelons que le créateurs, Josh Schwartz, est le même que celui de
Newport Beach, THE série où les générations se confondent et l’idée de famille prend un coup, c’est le moins qu’on puisse dire…) et le tour est joué.
Et quoi qu’on en dise, c’est triste mais ça fonctionne. Car les histoires, en général, nous montrant
les malheurs des personnages pour relativiser les nôtres. Ici le phénomène est ambigu : on aimerait quand même bien, à la limite, avoir les mêmes problèmes que ces personnages. Identification-Repulsion. De toute façon on s’amuse. Rien que ça, pas plus. Mais c’est déjà beaucoup.