vendredi 28 mars 2008

Hommage à Natalie Portman




Pour ceux qui aiment bien Natalie Portman (je pense à quelqu’un en particulier…) voilà deux jolis montages qui m’ont bien fait rire. Il y en a deux autres encore meilleurs ici. A voir pour les fans.C’est assez bien fait.

Réference

Inspiration de la chanson de Johnny Clash :
« Je regardai, quand l'agneau ouvrit un des sept sceaux, et j'entendis l'un des quatre êtres vivants qui disait comme d'une voix de tonnerre : Viens.
Je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc ; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre.
Quand il ouvrit le second sceau, j'entendis le second être vivant qui disait : Viens.
Et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres ; et une grande épée lui fut donnée.
Quand il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième être vivant qui disait : Viens.
Je regardai, et voici, parut un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance dans sa main.
Et j'entendis au milieu des quatre êtres vivants une voix qui disait : Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d'orge pour un denier ; mais ne fais point de mal à l'huile et au vin.
Quand il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième être vivant qui disait : Viens.
Je regardai, et voici, parut un cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait »
Apocalypse 6, 1-8

Series vs Cinéma

Pour ceux qui pensent encore que les séries ne valent pas la peine, que le cinéma c’est toujours quand même mieux, quand même « autre chose », voilà un exemple de scène du niveau d’un bon film (largement supérieure à tous les boudins que l’on voit de nos jours). Très bon rythme, montage prenant et extraordinaire musique de Johnny Cash (allez, je vous la donne…c’est « The Man Comes Around »). C’est la scène finale du dernier épisode (le 9, le dernier de la saison, espérons qu’ils la renouvellerons…) de Terminator : The Sarah Connor Chronicles, une série intéressante qui reprend (et améliore sur beaucoup de points) l’histoire du film. Tout parfaitement construit. Un vrai bon moment de bon cinéma. Enjoy it !

jeudi 27 mars 2008

Voix off (pour Marie ;-))

C’est peut-être un des procédés techniques les plus risqués au cinéma et dans les séries, car si ça marche il n’est pas évident que ça apporte beaucoup et si ça marche pas…ça devient vraiment énervant pour le spectateur ! En tout état de cause, la voix off ne peut pas être un son de « commentaire », une glose sur l’image, une explication de ce que le spectateur est en train de voir, une pure tautologie. Pourquoi ? D’abord parce que cela veut dire que le cinéaste a besoin de la voix pour faire comprendre son image, ce qui n’est pas bien flatteur. Puis parce que l’impression qui s’en dégage (même si ce n’est pas toujours vrai, il existe des voix-off parodiques, ironiques ou décalées) est de la fainéantise. On ne veut pas se casser la tête à faire une scène « vraiment » cinématographique et on utilise le langage, méthode plus rapide et directe, pour donner au spectateur l’information que l’on veut transmettre.
Mais cela devient carrément exaspérant quand la voix off redouble l’image, grossit les traits que nous sommes en train de voir, acquiert un caractère d’analyse et d’orientation herméneutique. La voix off dit : « c’est ça qu’il faut que tu comprennes » ou « au cas où tu serais c.. voilà ce que veulent dire les images ».
Un exemple : Sex and the city. Dernier épisode (je crois): c’est pas le pire exemple (car la voix off n’est pas purement vide) mais ça montre une certaine utilisation (justifiée par la pseudo écriture des articles de Carrie) paternaliste et abusive du procédé.


Remarquez la dernière phrase qui n’apporte rien : on voit bien que de trouver l’amour c’est fabuleux, mais la voix off (intérieure) répète ce que dit (pas si mal que ça, c’est ça le pire…) l’image.
Une bonne utilisation : excellent Dexter ! (Oui , faut que je fasse la critique de cette grande série…)

Il parle évidement de choses que l’on voit mais il y a un jeu du dedans et du dehors, une introspection qui apporte plus sur le caractère du personnage et non pas sur ce que représentent dans l’absolue les expériences qui nous sont montrées (comme dans Grey’s Anatomy aussi par exemple où la voix off nous explique bien face à quel stéréotype de relation et d’expérience nous nous trouvons). Voyez les deux séries et vous verrez la différence.
Voix off intéressantes : Dexter, Weeds, Californication, Scrubs
Voix off redondantes : Sex and the city, Desperate Housewife, Grey’s Anatomy

jeudi 20 mars 2008

Comment les choses se tordent…

Vous connaissez cette sensation : comment une fille peut-être si belle et en même temps si c.. ? Comment un couple peut-il avoir été si heureux et en être arrivé à presque se haïr ? Comment j’avais toute la journée libre et, à la fin, je n’ai rien fait ? Comment on était la meilleure équipe du tournoi et on s’est fait sortir au premier tour ? Comment j’ai demandé un Château Latour et on me le sert dans des pauvres verres en plastiques ? Comment je vais voir un Bergman et je me retrouve à côté d’une bonne femme qui répond aux acteurs ?
Oui…vous connaissez…il y a un très joli mot en français pour ça : c’est du gâchis !
Et bien voila le terme pour définir Vanished. Une série qui avait tout pour réussir : des excellents acteurs, un début plus que prometteur et une ambiance classique mais bien ficelée. L’histoire, pour ceux que ça pourrait éventuellement intéresser : la femme d'un sénateur des Etats-Unis disparaît le jour où elle donne une réception pour ses œuvres de charités. Au fur et à mesure de l’enquête, le FBI découvre que ce n'est que la partie visible d'un bien plus vaste complot. Simple. Classique. Et pourtant efficace, car dans les 5 premiers épisodes se mettent en place des énigmes, des questions et des théories qui mêlent la religion, la politique, un passé obscur et les problèmes de famille. Tout ça à la sauce contemporaine, c'est-à-dire par bribes éparses et incohérentes qui ne font que multiplier les attentes (pensons aux complications de Lost ou Heroes par exemple). Le problème c’est que la promesse n’est pas tenue et ce que l’on croyait être un magnifique scénario tordu devient un puzzle incompréhensible où les créateurs ne se donnent même pas la peine de répondre. TOUTES les questions qui naissaient dans les premiers épisodes restant sans réponses. Pourquoi Sara Collins (la magnifique Joanne Kelly d’autre part, ce qui lui vaut la photo de mon post) a disparu il y 12 ans ? Pourquoi l’organisation secrète s’intéresse à la Bible ? Quel est le mystérieux informateur qui aide le FBI ? Que veut-il ? Quelle est l’organisation qui a séquestré la femme du sénateur ? Pourquoi les parents de Sara sont brouillés avec elle ? Pourquoi agit-elle bizarrement avec son mari des fois ? Silence radio. Pas d’explication. Pour seule conclusion une fin qui n’en est pas une et qui laisse tout en suspens. Une des pires dont j’ai le souvenir. Comme si les scénaristes rêvaient de revenir faire une autre saison un jour ou comme s’ils n’en avaient rien à faire des derniers épisodes.
Et cela à partir d’un fatidique épisode 7 où tout bascule et les choses se tordent. Ils ont du savoir à ce moment que la série ne serait pas renouvelée…
Pour :
- Ceux qui ne regardent que les 7 premiers épisodes d’une série
- Ceux qui s’en foutent de la cohérence de l’histoire
- Ceux qui croient que le gouvernement des Etats-Unis est dirigé par une organisation ultra secrète formée de différents lobbys, des chefs de la CIA, du chef du FBI, de fanatiques religieux, d’éminents professeurs et scientifiques corrompus, des services secrets, des plus grands juges du pays et de tout ce qui peut vous passer par la tête…(là il y en a qui sont plus convaincu)
Contre :
- Ceux qui ont du bon sens
- Ceux qui se sentent obligés de finir de voir une série (ne commençez pas, il y en d’autres à voir…)


mercredi 19 mars 2008

Musique du film de Julio Medem

La BSO du dernier film de Julio Médem, Caotica Ana, inclut une belle chanson que voilà.
C’est pas son meilleur film, loin de là, mais il ne faut pas perdre de vu ce très bon directeur (pour moi un des meilleurs artistes espagnols) qui a vraiment percé avec son conte esthétique Lucia y el sexo mais dont les meilleurs films sont sans doute les premiers (L’écureuil Rouge, Vacas ou le magnifique les Amants du cercle polaire…), un peu moins léchés mais avec une complexité scénaristique plus réussie.
Quand il parle d’idées ou d’histoires classiques il n’est pas excellent mais pour les trouvailles visuelles et les ambiances oniriques et philosophiques c’est vraiment un grand artiste.
A découvrir dès que vous pouvez.

samedi 15 mars 2008

Lost in 8:15

Pour ceux qui pensent que Lost est trop compliqué, pour ceux qui veulent voir la Saison 4 (ou la 3 ça serait bien de reprendre un peu en arrière, quand même) sans rester trois jours enfermés chez eux, pour ceux qui veulent se rappeler de tout ce qui s'est passé dans cette super série, pour ceux qui croient que le cinéma et (surtout) les séries c'est rallonger une histoire qui pourrait être racontée en trois minutes, pour ceux qui n'arrivent même pas à expliquer à quelqu'un un épisode de Lost en moins de temps que l'épisode en soi (et je les blâme pas...), pour ceux qui ont huit minutes marrantes à perdre, pour ceux qui ont acheté Comment parler des livres que l'on a pas lu et qui voudrait faire la même chose pour cette série et, finalement, pour les fans quand même, voilà une bonne vidéo...



mardi 11 mars 2008

Un p'tit café

Voilà une petite video marrante pour les fans de café (et ceux qui le sont moins). Le clip est vraiment bien fait et la chanson est bien drôle. Merci au blog de Bernard Werber où j'ai découvert la video. Soit dit en passant, le blog a quelques trucs intéressants: il est un peu court et espacé mais des bonnes choses à découvrir.


mardi 4 mars 2008

The American Dream


Voilà ce qui va se passer : vous allez crier « au secours ! », vous allez prendre votre mine la plus outragée, vous allez afficher un dédain digne de votre capacité intellectuelle…mais vous aller regarder. Et malheureusement vous allez aimer. Parce que ce qu’on y raconte n’est pas le rêve exclusif des yankees, c’est le rêve tout court…
La vie quotidienne et les problèmes d’une insultante et paradisiaque frivolité de la jeunesse dorée de Manhattan. Comment assister à un breakfast à l’hotel Ritz (propriété du père d’un de tes amis) après avoir passé une soirée à dépenser un maximum dans la boite de nuit branchée de la ville. Des bals à répétitions, une infinité d’occasions (plus extravagantes les unes que les autres) d’organiser des réceptions, accueil, intronisations, gala, cérémonie et autres agapè pseudo lascifs en tout genre… Tout ça vu à travers les yeux d'une mystérieuse "bloggeuse", Gossip Girl (« commère » en français, ce qui montre déjà la différence entre nos deux pays…comment appeler une série « commère » ?), qui, en fait, ne fait que donner son nom, et peut être un aire d’innovation technologique, à la série.
Car c’est quand même LA formule qui marche : dans cette jeunesse, que des belles jeunes filles et de beaux jeunes hommes qui ont, comme on l’a dit, de vrais problèmes de gosses de multimillionnaire ! Et parmi eux Serena van der Woodsen (Blake Lively), fétarde réformée qui se rend compte un jour (Oh my God, what a surprise !) de la superficialité de son milieu et cherche désespérément la personne qui pourra la comprendre. Le chanceux c’est Dan Humphrey (Penn Badgley), une graine d’intellectuel, sensible et réfléchi (un homme qui pense quoi !), fils d’une famille moins riche dont le père est un ex-musicien qui est rentré dans le monde de l’art. On voit le genre : un mélange de Cendrillon, la Belle et la Bête et Breakfast at Tiffany’s.

Les luttes du grand amour dans un monde de luxe, argent et superficialité. Que des problèmes et des embûches pour que la sincérité et la simplicité s’imposent. Le tout pimenté avec des personnages cyniques et dépravés (les « amis », Chuck Bass et Blair Waldorf) ; de gentils adolescents (on peut le croire…) qui ont mal tournés à cause du nihilisme et de la corruption qui naît de l’argent et, surtout, de l’excès de celui-ci.
Vous ajoutez à tout cela des relations familiales qui frôlent l’endogamie et l’inceste (rappelons que le créateurs, Josh Schwartz, est le même que celui de Newport Beach, THE série où les générations se confondent et l’idée de famille prend un coup, c’est le moins qu’on puisse dire…) et le tour est joué.
Et quoi qu’on en dise, c’est triste mais ça fonctionne. Car les histoires, en général, nous montrant
les malheurs des personnages pour relativiser les nôtres. Ici le phénomène est ambigu : on aimerait quand même bien, à la limite, avoir les mêmes problèmes que ces personnages. Identification-Repulsion. De toute façon on s’amuse. Rien que ça, pas plus. Mais c’est déjà beaucoup.

lundi 25 février 2008

And The Oscar Goes to...


Soirée d’Oscars à Hollywood. Comme chaque année on se dit que ça n’intéresse personne, mais comme chaque année, on jette un coup d’œil. Cette fois-ci les résultats sont encore décevants mais l’invasion européenne à Hollywood est plutôt drôle. Javier Bardem, Marion Cotillard, Tilda Swinton…autant d’acteurs du vieux continent qui ont raflé un Oscars à la cérémonie.
D’autant plus remarquable si on se souvient (c’est toujours un exercice drôle à faire avec les « oscarisés ») que Swinton est l’égérie de Derek Jarman et qu’elle à fait (à ses débuts, à ses bons débuts, dira-t-on…) des films plutôt conceptuels comme Wittgenstein, Caravaggio ou Edward II. Il en va un peu de même avec Bardem qui a un passé « obscur » avec Bigas Luna (La Teta y la Luna ou Macho) qui ne serait sûrement pas dans le goût du jury. Mais bon, mis à part ses collaborations avec Pedro Almodovar (qui est incompréhensiblement encensé pour tout ce qu’il fait), il faut admettre qu’il mérite la statue pour des films comme Mar Adentro, Los Lunes al Sol, Before Night Falls et No Country For Old Men.
En ce qui concerne Marion Cotillard on peut lui donner ce qu’on veut, elle est toujours juste. Même en Edith Piaf… Mais il faudrait quand même qu’elle calme sa comédie hystérique de petite provinciale éblouie qui découvre la grande ville. Elle en serait que plus magnifique.
Pour No Country…j’ai de gros doutes. C’est un bon film (de loin, pas de meilleur des Coen) mais qui se dégonfle au fur et à mesure que le film avance et que les personnages (sauf peut-être Bardem) se désintègrent. Une bonne aventure psychologique, dans un superbe décor, devient une création pseudo-lyrique avec des relents moralisateurs. J’attends de voir There Will be Blood, mais j’ai des doutes…
Une dernière question avant la liste complète : pourquoi l’oscar au meilleur second rôle à Bardem ? Quel est le rôle principal de No Country for old men, sinon lui ?

Meilleur film : No Country for Old Men
Meilleur acteur : Daniel Day-Lewis, dans There Will Be Blood
Meilleure actrice : Marion Cotillard, dans La Môme
Meilleur acteur dans un second rôle : Javier Bardem, dans No Country for Old Men
Meilleur actrice dans un second rôle : Tilda Swinton, dans Michael Clayton
Meilleur réalisateur : Joel Coen et Ethan Coen, pour No Country for Old Men
Meilleur film en langue étrangère : Les Faussaires (Autriche)
Meilleure adaptation : Joel Coen et Ethan Coen, pour No Country for Old Men
Meilleur scénario original : Diablo Cody, pour Juno
Meilleur film d'animation : Ratatouille
Meilleurs décors : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street
Meilleure photographie : There Will Be Blood
Meilleur mixage son : La Vengeance dans la peau
Meilleur montage son : La Vengeance dans la peau
Meilleure bande originale : Dario Marianelli, pour Reviens-moi

vendredi 15 février 2008

Fin de la grève : le retour des séries

Après plus de trois mois de grève, les scénaristes américains et les chaînes de télévision ont trouvé un accord qui doit permettre de reprendre l’enregistrement de plusieurs épisodes des séries phares qui viennent d’outre atlantique. L’ampleur de la protestation commençait à inquiéter même les plus compréhensifs des fans et menaçait de devenir un véritable casse-tête pour les spectateurs qui n’arrivaient plus à suivre les aventures de leurs héros. Il n’est déjà pas habituel qu’une grève dure si longtemps et soit suivie avec une tel engouement aux Etats-Unis (la dernière remontait à 1988 et posa le problème des droits d’un nouveau support, la VHS) mais, de plus, les dégâts commençaient à être considérables : on estime à près de 2 milliards de dollars les pertes que le mouvement a provoqué, sans compter « l’annulation » (en fait une fausse cérémonie sans la présence des acteurs) des Golden Globes et le danger que couraient les Oscars cette année. Tout semble arrangé avec l’accord auquel sont parvenus le 12 février les producteurs et les scénaristes. Celui-ci prévoit une hausse des revenus de ces derniers de 3% par an mais surtout une augmentation des droits d’auteurs dérivés des contenus Internet et des nouveaux médias numériques, point central dans le déclenchement (et la solution) du conflit.
Mais en plus des retards, des pertes économiques et de l’image chaotique donnée aux millions de spectateurs, la grève a mis à jour un phénomène nouveau et unique en ce qui concerne le monde audiovisuel : la dépendance de plus en plus importante des pays européens vis-à-vis des productions américaines. On connaissait l’hégémonie économique quasi absolue du cinéma US sur le marché, mais il semble évident que cette domination s’étend maintenant aux espaces de fictions télévisuelles. Il suffit pour cela de jeter un coup d’œil à la programmation standard des chaînes généralistes en France et en Espagne : « Les Expert » sur TF1 et Tele 5, « FBI, portés disparus » sur France 2 et Antena 3, « Ugly Betty » sur TF1 et Tele 5, « Lost » sur TF1 et TVE1, « Prison Break » sur M6 et La Sexta…

Mais malgré l’importance du mouvement, les grandes chaînes européennes (à l’exception de quelques chaînes anglaises comme BBC) ne devraient pas trop souffrir de cet arrêt. La raison ? Les épisodes qui sont diffusés actuellement en Europe correspondent à des saisons déjà enregistrées et sorties aux Etats-Unis. Ce décalage, qui a permis une réduction des conséquences dans le vieux continent, renvoie le problème au début de l’année 2009 pour des chaînes comme TF1, M6, Canal + (France et Espagne) ou Tele 5. Mais d’ici là, la fin des saisons, avec de nouveaux épisodes, devraient être enregistrées et donc le problème pourrait disparaître. Le prix à payer pour les producteurs européens ? Il faudrait abandonner le délai actuel, c'est-à-dire que les émissions s’émettraient avec moins de retard part rapport aux Etats-Unis que maintenant.

Mais c’est justement cette temporisation qui est au cœur de bons nombres de questions qui préoccupent les spectateurs aussi bien que les producteurs. En effet une des raisons du malaise des scénaristes étaient qu’ils avaient noté l’importance des nouvelles technologies dans la diffusion des séries actuelles. Que ce soit à travers Internet (en piratant ou en téléchargeant légalement), en DVD ou grâce aux chaînes du câble, une grande partie des nouveaux accros à ces feuilletons n’attendent pas le passage classique sur les chaînes de télévision pour se lancer à voir les nouvelles créations américaines. Une des raisons majeures est sans doute le temps que mettent les séries à arriver dans nos pays et la possibilité qu’ils ont de se procurer ces épisodes de manière quasi instantanée grâce aux nouveaux medias. Cela pourrait expliquer la surprenante importance médiatique qu’a eu la grève en Europe car concrètement, pour un spectateur « classique », rien n’a été bouleversé ces derniers mois et la grève n’a eu aucune retombée visible. C’est qu’en fait les nouveaux fans, les courants d’opinion, les résultats d’une série se mesurent maintenant en grande partie par les réactions qui inondent la toile. Ainsi une série comme Gossip Girl, qui n’a pas encore été diffusée sur des chaînes généralistes européennes et qui a eu des taux d’audiences discrets aux Etats-Unis, a été renouvelée pour la saison prochaine grâce à l’appui qu’elle a reçu sur Internet.


Les télévisions européennes ont aussi compris ce bouleversement des spectateurs et elles sentent peut-être que le mode de diffusion suivi ces dernières années semble intenable à moyen terme. C’est le sens d’une initiative comme TF1 vision, une page web de TF1, qui propose un service de diffusion en VOD (Video sur Demande) et qui a décidé d’émettre la saison 4 de Lost et la saison 2 de Heroes de manière quasi simultanée avec les Etats-Unis. Les épisodes sont ainsi disponibles 24 heures après leur première outre atlantique en téléchargement ou en streaming (visionnage seulement) et en version originale sous-titrée.


Une autre solution envisagée est une sortie en parallèle mais dans des chaînes spécialisées du câble ou de la TNT. Ainsi des séries comme Californication, How I meet your mother ou Men in Trees, qui rencontrent un vif succès aux Etats-Unis, sont déjà sur des chaînes de Digital Plus, comme Fox ou AXN. Même idée chez M6, en France, qui programme ses nouvelles séries (Kyle XY ou Damage) sur les chaînes TNT du groupe. Cela permet de passer les nouvelles créations américaines plus rapidement tout en analysant la réaction du public et la possibilité de l’ « exporter » à un public plus large. Quoi qu’il en soit, il se peut que la grève est mis à jour la vrai relation entre les systèmes audiovisuels américains et européens et, si des conclusions intelligentes sont tirées, il se peut qu’un problème se transforme en une chance de mieux s’adapter aux technologies de l’avenir. Espérons-le en tous cas.

mardi 11 décembre 2007

Californication : Romantisme au bordel

Une série qui a fait scandale aux Etats-Unis, ne serait-ce qu’un petit peu, part déjà avec quelques longueurs d’avances sur ses concurrentes, surtout en Europe. Mais la vérité est qu’on est encore très loin de pouvoir faire des séries avec une telle liberté de ton et de scénario sur le vieux continent. Et c’est pas le commissaire Cordier, son collègue Moulin ou même le Grand Journal ou Kaamelott qui vont changer l’affaire.
L’histoire est simple : Hank Moody (un très grand David Duchovny) est un romancier en panne d’inspiration qui a connu naguère un énorme succès avec un livre qui a été lamentablement adapté au cinéma. Séparé de la mère de sa fille, Karen, (Natascha McElhone) pour laquelle il a encore des sentiments, il est aussi accro aux femmes et aux drogues et ne peut s'empêcher de dire la vérité, souvent de manière drôle et crue.
On ne va pas tarder à crier au cliché et on n’aura pas tort. L’écrivain devant la page blanche, séducteur parce que désespéré, cynique et nihiliste. Tout ça serait bien plat si les scénaristes ne réussissaient pas à nous faire entrer dans les phantasmes et les contradictions du héros. Or ils y arrivent et il y en beaucoup, et de très drôle. Tout ça sans compter la très grande performance de Duchovny qui est passé de chercher des extraterrestres à en paraître un. D’accord ça ne rendra meilleur personne et ça ne donne pas beaucoup à réfléchir, mais c’est assez tordant et la façon dont Hank se retrouve dans des situations embarrassantes et, surtout, comment il les gère est bien réussi. De grandes répliques, des vrais problèmes de je m’en foutiste et une panoplie de personnages assez justes (la fille de Hank, Becca, adolescentes rebelles et punk qui passe son temps à donner la réplique ou des conseils à son père; ou Marcy, la femme de Charlie, le meilleur ami et éditeur de Hank, qui voit tout ça avec un peu de distance).
Que les plus pudibonds ne s’inquiètent pas ; ça commence avec beaucoup de seins et de baise mais une fois que le public est con-quis (car c’est le but), ça se calme énormément. De fait, sous la couche de sueur, poils et autres fluides corporels (et il y en une bonne collection) la première saison est en fait une inoffensive dose de moralité et de mièvrerie que l’on consomme inconsciemment. Car le but final pour Hank reste quand même de récuperer la femme qu’il aime encore. Heureusement pour cela il va faire beaucoup de conneries et rencontrer beaucoup de gens, mais bon, c’est un peu le l'objectif non ?
Pour :
-Ceux qui aiment des scènes de culs, des corps nus et des personnages un peu perdus
-Ceux qui aiment les grandes histoires d’amour (pas conventionnelles il faut le préciser)
-Ceux qui aiment la sonorité et l’infinie variété des gros mots en anglais. C’est tout un art
dans cette série (à voir obligatoirement en Vostfr bien sûr)
Contre:
-Ceux qui en ont marre des clichés de l’artiste perdu qui est sauvé par le vrai amour et
dans le fond souffre enormement d’avoir toutes les femmes qu’il veut, une belle
maison, beaucoup d'argent et du temps pour devenir con.

samedi 8 décembre 2007

Studio 60 on the Sunset Street : l’autre côté de la télé


Un des plaisirs à redécouvrir : les séries finis. Contrairement à ce qui passe en ce moment, l’impression qui règne est qu’on ne peut développer indéfiniment et artificiellement les problématiques, que les personnages ont une certaine durée de vie ou ils finissent par ne plus paraître réalistes. C’est la cas pour cette série : 1 saison, 22 épisodes, pas un de plus, pas un de moins.
Studio 60 on The Sunset Strip est une émission de divertissement très populaire Outre-Atlantique qui décide de se renouveler, après un scandale on-line avec l’ancien présentateur, en recrutant Matt Albie (Matthew Perry) et Danny Tripp (Bradley Whitford), deux talentueux scénaristes qui devraient apporter une certaine fraîcheur au show. Pour les aider dans leur tache, et défendre une télévision de qualité, Jordan Mc Deere (Amanda Peet) est nommée directrice de la chaîne (NBS). L’histoire n’est pas magnifique mais on y croit. Les acteurs sont presque tous excellents et une ambiance qui pourrait vite devenir lassante permet de voir les coulisses du petit écran et, surtout, l’amour qu’ont les américains pour le spectacle. On n’est pas là dans le superflu et le divertissement mais dans l’image d’un pays qui se joue dans la qualité de ses programmes.
Rien n’est épargné : les ultra-catholiques, la téléréalité, la presse qui cherche à fouiner dans le passé des présentateurs…et tout cela avec des guest-stars de haut niveau (dont Sting chantant un très beau morceau au luth).
Le réalisateur, Aaron Sorkin, est le même qui a fait la très populaire A la maison Blanche et Perry se débarrasse enfin de son étiquette de ex-Friends et des navets qu’il a fait au cinéma. On aurait souhaité que ça dure un peu plus longtemps mais son charme est peut-être aussi celui du produit limité. Quelques séries devraient peut-être en faire de même.
Pour :
-Ceux qui aiment les belles histoires d’amour
-Ceux qui veulent connaître les illusions sur lesquelles vit l’Amérique
-Ceux qui aimaient Matthew Perry (même ceux qui l’aimaient pas)
Contre :
-Ceux qui n’aiment pas le show biz
-Ceux qui cherchent plus que des relations personnelles

samedi 24 novembre 2007

Men in trees : Victoria Beckham découvre la campagne

Une conseillère en relations amoureuses, Marin Frist (la très populaire, pour ses revendications sexuelles, Anne Heche) découvre, à l'aube de ses fiançailles, que son petit amoureux l'a trompée. Bouleversée par cette catastrophe, d’une ironie plus que discutable, elle commence une remise en question profonde sur le sens des relations amoureuses (il était temps !) et sur les priorités vraiment essentielles de la vie. Et bien sûr, comme souvent, elle va nous en faire profiter par un merveilleux monologue intérieur en voix-off d’une profondeur sans égale (un jour, on fera un post sur le rôle des voix-off dans les séries contemporaines).
Pendant que cette starlette fashion de Manhattan tente, tant bien que mal, de surmonter cette horrible destinée qui s’abat sur elle, la voilà coincée dans un village d'Alaska (Elmo) par une tempête de neige. Et sans bottes, en plus…Vous devinez la suite ? Oui…elle découvre un monde nouveau, plein de simplicité et d’humanisme, où les hommes (des bûcherons haut et forts de préférence) ne s’embarrassent pas de faux problèmes de couples et où la joie de vivre et la sincérité des gens compense les énormes difficultés de cette terrible vie sans sacs Gucci, robes en tout genre et restaurants gastronomiques.
Le bienheureux état de Nature contre les corruptions de la vie citadine ; comme si Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker) et ses copines décidaient d’aller se ressourcer en Patagonie. A part ça pas grand-chose de plus : un bûcheron plus « spécial » que les autres, quelques personnages auquel plus niais (dont, bien sûr, la prostituée-meilleur amie), beaucoup de bonheur gluant et dégoulinant, l’extase de la découverte des bonheurs de la pêche…
Un ressourcement intérieur comparables aux voyages de Ally Mc Beal aux toilettes, un voyage iniatique Into the Wild dont la seule folie est l’invasion d’un raton laveur dans la chambre d’hôtel de Marin et une sœur qui lui vole la vedette le jour de son anniversaire.
Pour :
-Ceux qui veulent regarder quelque chose et oublier leur cerveau un bout de temps
-Ceux qui aiment les ratons laveurs, les caribous, les bûcherons…
-Ceux qui aiment l’humour con
Contre :
-Tous les autres (et il y en pas mal…)